NE PAS CHOISIR OU MAL CHOISIR : LA MARQUE DE FABRIQUE DU PS

Du plus haut sommet de l?Etat jusqu?aux échelons locaux de l?administration décentralisée, le PS et ses alliés gouvernent pratiquement sans partage. Indépendamment du combat politique qui nous oppose, on serait en droit de penser que cette apparente homogénéité idéologique favoriserait la complémentarité dans l?action, la cohérence dans la décision et dans tous les cas, la lisibilité des programmes.

22-042013

Or, il n?en est rien, loin s?en faut. Pour s?en convaincre, prêtons-nous au jeu d?une simple comparaison entre la gouvernance de l?Etat et celle de la Région Languedoc-Roussillon. On a coutume de dire que gouverner, c?est prévoir. Mais c?est aussi choisir. Et sur ce plan, les deux têtes de l?exécutif national et le président de la collectivité régionale nous proposent une partition à deux voix.

La première ? chacun l?aura identifiée ? consiste à ne pas choisir. La seconde à mal choisir. Pour un résultat identique : les grands enjeux sont passés par pertes et profits.

Au niveau de l?Etat, dont on peut légitimement attendre qu?il impulse et qu?il oriente, qu?il apporte le souffle d?un projet pour la France, le concert qui nous est donné à entendre depuis 10 mois s?apparente à la cacophonie la plus inaudible. Couacs en tous genres, ballons d?essai qui explosent en plein vol, scènes de ménage médiatisées, reculades et reniements, tout concourt à ne pas décider, à ne pas assumer, à ne pas choisir. On n?en dira pas davantage car on ne tire pas sur les ambulances.

Au niveau de la Région, la symphonie est grandiose, tonitruante, fiévreuse. Le chef d?orchestre est viscéralement optimiste, résolument campé dans sa certitude qu?il conduit les habitants du Languedoc-Roussillon vers le bonheur.

Cette certitude, il la puise dans un budget qui enfle chaque année davantage ? et l?endettement avec lui ? et il la nourrit d?initiatives dont beaucoup sont totalement étrangères aux missions de la Région et plus encore, inutiles.

Qu?on en juge : en 2013, la collectivité régionale affectera 134,8 M? au développement économique ? une des compétences majeures de la Région ? mais elle éparpillera plus de 182 M? dans des interventions  qui ne relèvent aucunement de ses missions légales !

C?est l?émiettement de l?action régionale, c?est l?atomisation des dépenses et c?est la recherche effrénée de la médiatisation, sans souci de l?efficience économique et sociale. Résultat : la Région est présente là où elle n?a rien à faire et elle est cruellement absente là où on l?attend. On l?attend sur le front du développement économique et de l?emploi.

Mais le bilan est affligeant. Ici, le chômage a explosé en un an (+10,8%), confirmant le statut peu enviable de région la plus durement frappée par ce fléau : les 172.793 demandeurs d?emploi de catégorie A (243.126 toutes catégories confondues) dont près de 50.000 jeunes de moins de 26 ans recensés en janvier 2013 n?attendent rien d?autre qu?un accompagnement efficace vers le travail.

Or, l?exécutif régional engloutit 500 M? dans un programme irréfléchi et surdimensionné de parcs d?activités économiques dont personne ne connaît les bilans financiers et dans le même temps, consent à octroyer, au sens moyenâgeux du terme, moins de 5 M? à l?insertion professionnelle et sociale des demandeurs d?emploi. Un aveu d?impuissance au travers de mauvais choix.

L?Etat ne choisit pas. La Région choisit mal. C?est la marque de fabrique du PS : avoir peur de son ombre et s?agiter dans tous les sens.

Stéphan ROSSIGNOL

Président du groupe UMP au Conseil Régional, Maire de La Grande Motte